Retour sur le festival Attable à Lyon

festival attable lyon

Du 14 au 18 mars se déroulait pour la première fois le festival Attable à Lyon.C’est à travers mes yeux de lyonnaise et restauratrice, que je voulais témoigner de cet évènement. Et ce que j’ai vu était très beau…

Pourquoi ce festival Attable ?

Lyon, la food city la plus illustre de la planète, semble se débattre avec sa cuisine. Avec la cuisine, même. C’est bien simple : vu de loin, la ville paraît s’être égarée entre deux époques.
D’un côté, il y a ce passé, cet héritage prestigieux — mais lourd à porter — de capitale de la gastronomie, de ventre du monde, de ville-pèlerinage de la quenelle ou des grattons. Et de l’autre? Un futur à écrire (l’héritage Bocuse et l’ambitieuse Cité internationale de la gastronomie…) dont les activistes food et les gourmands se languissent de découvrir les contours.
La cuisine à Lyon, c’est donc hier et demain.
Mais le présent dans tout ça?


Voilà comment se définit ce tout nouveau festival qui a des allures de weekend entre potes. Des restaurateurs, Lyon, de la musique et des bonnes assiettes, voilà un programme qui m’est taillé sur mesure et que je ne pouvais pas rater. 

Arty farty et Grand Cuisine, les organisateurs cachés derrière le nom Attable, ont su proposé un programme très variés d’expériences culinaires. L’objectif ?  Faire d’Attable — et de Lyon — le playground, l’espace de liberté, d’expression et de jeu que réclame la cuisine créative européenne. Pour cela, conférences, émission de radio, menus avec des chefs étoilés, repas à 4/ 6/ 18 mains (ou plus !), podcast en live, brunch, streetfood, junkfood… Les chefs sont italiens, parisiens, autrichiens, belges, danois… Avec une telle diversité, il y avait forcément quelques soucis de rodage mais pour une fois, ce coté brouillon m’a plus séduit que rebuté.

festival attable lyon
Photo de famille des chefs de la soirée
de gauche à droite : Bertrand Grébaut , César Troisgros, xx, Sven Chartier, Jean-Michel Carrette, Inaki Aizpitarte,
Mathieu Rostaing-Tayard, Michel Troisgros, Simone Tondo
@Pascal Montary Photography

Mon expérience à la cantine de nuit du Café Sillon

Le temps de finir mon service sur Nimes, de prendre la route, et me voici à 2h du matin à Lyon, un verre de vin à la main. Dans la cuisine du petit restaurant, il y a déjà du beau monde qui envoient des assiettes depuis quelques heures. Parmi eux Michel et César Troisgros, 3 étoiles depuis 1968. Mais ils ne sont pas seul en cuisine. Ils sont même une dizaine: Mathieu Rostaing-Tayard (café sillon), Simone Tondo (Paris), Christophe Hardiquest (Bruxelles), Inaki Aizpitarte (1 étoile Michelin à Paris)…. Les chefs s’enchainent, leurs assiettes aussi, toutes pleines de fraicheur et d’herbes de saison qu’on s’amuse à essayer de reconnaitre.
​​

festival attable lyon
risotto aux herbes fraiches / poisson en panure/ gnocchi & asperge
Noter pour la prochaine : utiliser une ardoise pour communiquer l’intitulé des plats ♥︎

Des chefs comme vous ne les avez jamais vu

Ici c’est surtout l’ambiance qui est exceptionnelle. Les cuisiniers sont détendus, tout le monde rigole et la musique est super bonne. Le bonus est d’être face à ces chefs qui s’amusent tout autant que nous. On les voit faire les cons, rire, être super accessibles. Les barrières et les codes du métier sont tombées depuis un moment déjà. Moi qui suis de nature réservée, me voici à parler avec Sven Chartier, chef du Saturne à Paris, 1 étoile Michelin. On échange sur son assiette qu’il vient de finir d’envoyer, de sa cuisine à Paris, des réseaux sociaux et des femmes en restauration. Tout est rapide et si simple.

festival attable lyon
Davide Scabin, chef italien étoilé
@Brice Robert Photographe

La soirée se termine vers 4h avec Davide Scabin, chef à Turin, 1 étoile Michelin, qui vient de faire la route après la fin de service de son restaurant. Il a fait le trajet pour nous faire déguster des vrais macaronis cuits minute devant les téméraires gourmands du café Sillon.

En conclusion…

Alors oui, pour une première, il y a forcément eu des petits ratés. Une organisation à la dernière minute, des mauvais horaires (qui nous ont totalement fait passer à coté d’un évènement le lendemain), beaucoup de monde pour peu de places assises, une musique forte qui limitait les conversations et peu d’indications sur les plats… Certains pourront toujours discuter du prix et de l’organisation, mais il fallait être indulgent. Rappelez vous que l’édition se nomme Attable prototype, ce n’est pas pour rien. Et pour ma part, ce que j’ai vu en cuisine a largement comblé ces petits défauts.


Je crois que je n’avais jamais vu autant de passion, de chefs,
de rires et de plaisir dans une cuisine.

Merci Attable pour ce joyeux bordel culinaire ♥︎


Entre deux verres de bon rouge, il se murmure même qu’Attable ne restera pas qu’une version prototype.
Vivement l’année prochaine…

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *